L’imprécateur – René-Victor Pilhes
lundi 10 septembre 2007
A
la fois le sujet et le ton ne pourront qu’imprégner profondément votre façon de percevoir les multinationales. En effet, l’ambiance suffocante qui pèse comme une chape de plomb, associée à la description d’un univers froid et austère théâtre du meurtre, de la suspiscion et du mensonge, plongent le lecteur dans une angoissante description de LA firme ultime, celle dont le pouvoir est sans limite. A travers un prisme particulièrement pessimiste, Pilhes, ancien de chez Publicis, dépeint le danger qui, selon lui, menacerait nos démocraties : la toute puissance des multinationales. Ainsi son roman trahit-il ce qui apparaît chez lui comme une obsession : le risque que le monde puisse devenir le terrain de jeu d’une seule et immense entreprise dont le pouvoir dépasserait celui de n’importe quelle dictature connue jusqu’alors…Paru dans les années 1970, ce roman est pourtant d’une inquiétante modernité ! Notons toutefois que depuis Pihles, la théorie des organisations a montré les limites de l’entreprise géante… Ouf !
L’Imprécateur
René Victor Pilhes, Éditions du Seuil, 1974
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Libellés : 7 Romans
7 commentaires:
- At 10 septembre 2007 15:48 david said...
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Une entreprise plus puissante qu'un Etat...
Postulat intéressant, qui me paraît cependant irréaliste.
En revanche, ce qui me parait plus dangereux c'est lorsque l'Etat agit en tant qu'entreprise ; en résumé, en fonction de la rentabilité de son pays (non non, je ne vise pas une administration précise).
Mais j'avoue que ce livre m'intrigue. Je vais donc sans tarder l'acheter. Si tu as d'autres livres à bouquiner, je suis preneur. Preneur également de tes analyses ! - At 10 septembre 2007 16:14 RMS said...
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Effectivement, on voit aujourd'hui que le fantasme de l'entreprise géante ne tient pas vraiment...
La théorie des coûts de transaction de Williamson (qui fera l'objet d'un article ici même dans la semaine) le montre très bien... - At 10 septembre 2007 19:58 henri said...
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effectivement très bon livre que j'ai lu alors que j'étais étudiant... il y a bien longtemps aujourd'hui !
- At 11 septembre 2007 10:25 ema said...
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J'ai détesté ce livre ! Ambiance morbide, histoire tirée par les cheveux !
- At 11 septembre 2007 12:18 daniel said...
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Pas lu mais on m'en a dit beaucoup de bien ! je vais l'acheter...
- At 11 septembre 2007 18:11 etienne said...
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Un livre qui suscite des avis aussi divers est forcément bon à lire !
- At 5 décembre 2007 10:26 Anonyme said...
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J'ai lu ce livre à sa parution. Je le trouvais génial à l'époque de "Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil".
Je ne l'ai pas relu mais son souvenir me parait d'etre d'actualité.. Le scandale d'une organisation patronale influant directement l'Etat sans obligation légale de transparence ne serait qu'un caillou dans les eaux boueuses des organisations financières et immobilières.